Maître praticienne
en Hypnose Ericksonienne
Spécialisée dans les difficultés émotionnelles
Mon ado se dit "animal" — comprendre le phénomène des thériens
Depuis quelque temps, je rencontre dans ma pratique de plus en plus d'adolescents qui se définissent comme "loups", "chats", ou encore "chevaux". Et ce sont leurs mots, posés avec assurance : "Je suis thérien." Voici un éclairage pour vous aider à comprendre — et à accompagner sans panique.
Qu'est-ce qu'un thérien ?
Le terme vient de therianthropy, issu du grec, désignant une transformation partielle entre humain et animal. Dans la culture actuelle, il est utilisé par des personnes — en majorité des adolescents — qui disent se sentir profondément connectées à un animal, sur un plan psychologique, parfois spirituel.
Ces jeunes savent qu'ils sont biologiquement humains. Mais ils ressentent en eux une part animale, instinctive ou symbolique, qui leur donne un sentiment d'appartenance ou d'apaisement. Il ne s'agit ni d'un jeu ni d'un trouble psychiatrique.
Comment ça se manifeste
- Des comportements spécifiques — marcher à quatre pattes, grogner, adopter des postures animales
- La fabrication d'accessoires — masques, queues, oreilles
- Un sentiment d'être "plus soi-même" en incarnant cet animal
- Un lien à une communauté en ligne qui partage cette expérience
Est-ce inquiétant ?
La majorité du temps, non. Ce type d'expression peut surprendre, déranger, ou même inquiéter. Mais dans la grande majorité des cas, il s'agit d'un moyen d'expression identitaire, souvent temporaire, rarement pathologique.
Ce qui mérite attention, ce n'est pas l'identification animale en elle-même, mais ce qu'elle peut révéler : un mal-être intérieur difficile à verbaliser autrement, un besoin de se différencier, une sensibilité peu reconnue.
Comment réagir en tant que parent
Écouter sans ironie ni inquiétude immédiate
Même si les mots utilisés vous échappent, ce sont les siens. Il a besoin d'être entendu sans moquerie. Poser des questions avec curiosité — pas pour valider ni invalider, mais pour comprendre.
Observer le bien-être global
Ce qui compte, c'est moins le contenu de l'identification que l'état général de votre adolescent. Est-il isolé ? Dort-il ? Va-t-il à l'école ? A-t-il des amis ? Ces indicateurs sont plus utiles que le fait d'être ou non thérien.
Ne pas dramatiser ni ignorer
Ni l'un ni l'autre ne sert votre relation. La voie du milieu — la présence calme, la curiosité bienveillante, le maintien du lien — est la plus efficace.
Carine Grimm
Hypnotherapeute spécialisée en régulation émotionnelle