Maître praticienne
en Hypnose Ericksonienne
Spécialisée dans les difficultés émotionnelles
Quand l'IVG refait surface au moment du désir d'enfant
Une interruption de grossesse — qu'elle soit volontaire ou médicale — est rarement un "vrai choix" au sens plein du terme. C'est souvent une décision prise dans des circonstances difficiles, sous contrainte, sous pression, ou dans un contexte de vie qui ne permettait pas autre chose. Des années après, quelque chose peut remonter. Et ce quelque chose mérite d'être entendu — sans jugement.
Une décision assumée peut laisser des traces
Beaucoup de femmes qui ont vécu une IVG ou une IMG m'expliquent ne pas regretter leur décision. Elles ont fait ce qu'elles devaient faire, à ce moment-là, avec ce qu'elles avaient. Et pourtant — des années plus tard, parfois au moment même d'un désir d'enfant — quelque chose refait surface.
Ce n'est pas une contradiction. On peut avoir fait le bon choix et porter quand même quelque chose de lourd. Ces deux réalités coexistent. Et la deuxième mérite autant d'attention que la première.
La culpabilité — souvent là, rarement nommée
La culpabilité est l'émotion la plus fréquente que je rencontre en session dans ces situations. Elle prend des formes variées :
- La peur de ne pas mériter une grossesse — comme si c'était une punition
- Le sentiment d'avoir "pris la mauvaise décision", même quand on sait rationnellement que non
- La tristesse pour ce bébé qui n'est pas venu — même s'il n'était pas le bienvenu à ce moment-là
- La colère parfois — envers soi-même, envers l'autre, envers les circonstances
- La peur du jugement — de l'entourage, du corps médical, de Dieu
Ces émotions ne s'effacent pas avec le temps si elles ne sont pas traversées. Elles s'enfouissent — et peuvent ressurgir des années plus tard, au détour d'une grossesse, d'une difficulté à concevoir, ou simplement d'un moment de vulnérabilité.
L'IMG — une douleur souvent invisible
L'interruption médicale de grossesse — suite à un diagnostic prénatal grave — est une perte d'une nature particulièrement douloureuse. On perd un bébé qu'on désirait. On prend une décision pour le protéger, ou parce qu'il n'y avait pas d'autre issue. Et on porte souvent ce deuil dans le silence, parce que peu de gens comprennent ce qu'on a traversé.
Ce deuil-là a besoin d'espace. Il mérite d'être reconnu pleinement — pas minimisé, pas rationalisé, pas comparé.
"Une épreuve que j'ai moi-même traversée"
Ce qui peut se jouer sur la fertilité
Médicalement, une IVG n'a pas d'impact sur la fertilité. Mais l'inconscient, lui, ne raisonne pas en termes médicaux. En travaillant avec l'hypnose, il arrive que des images émergent — comme si une place était déjà occupée, ou comme si quelque chose devait être résolu avant de pouvoir accueillir un nouvel enfant.
Ce n'est pas de la superstition. C'est le langage symbolique de l'inconscient — qui cherche à traiter ce qui n'a pas pu l'être au moment des faits.
"Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon d'avoir vécu ça. Il y a juste ce que vous portez — et le droit de poser ce poids."
Ce que l'hypnose permet
En hypnose, nous travaillons en collaboration avec votre inconscient. Sans jugement. Sans devoir justifier quoi que ce soit. L'objectif n'est pas de "effacer" ni de "pardonner" — mais de laisser ces émotions se traverser vraiment, pour qu'elles cessent de peser silencieusement.
Parfois, une session suffit à libérer quelque chose de lourd porté depuis des années. Parfois, il faut plusieurs rencontres. Chaque parcours est différent.
Carine Grimm
Hypnotherapeute spécialisée en régulation émotionnelle