Maître praticienne
en Hypnose Ericksonienne
Spécialisée dans les difficultés émotionnelles
Mon enfant fait des crises — est-ce normal ?
Il se jette par terre au supermarché. Il crie pendant 30 minutes parce que vous avez coupé son sandwich dans le mauvais sens. Il frappe, mord, pleure jusqu'à l'épuisement. Et vous, vous ne savez plus quoi faire — entre honte, épuisement et culpabilité. Respirez. Ce que vous vivez est l'une des réalités parentales les plus communes — et les plus mal comprises.
Ce qui se passe vraiment dans le cerveau de votre enfant
Une crise n'est pas un caprice. Ce n'est pas de la manipulation. Ce n'est pas le signe que vous êtes un mauvais parent. C'est un cerveau immature qui déborde.
Le cortex préfrontal — la partie du cerveau qui permet de raisonner, de se contrôler, de prendre du recul — n'est pas encore développé chez le jeune enfant. Face à une frustration, une émotion intense ou un besoin non satisfait, c'est le cerveau émotionnel qui prend le dessus. Et il n'y a pas de frein.
Pendant une crise, votre enfant ne peut littéralement pas vous entendre. Pas parce qu'il ne veut pas — parce que son cerveau n'est pas câblé pour ça encore.
Est-ce normal selon l'âge ?
Entre 18 mois et 3 ans
C'est l'âge des crises par excellence. L'enfant développe son autonomie mais n'a pas encore les mots pour exprimer ses émotions. Les crises sont fréquentes, intenses, et tout à fait normales.
Entre 3 et 5 ans
Les crises diminuent progressivement à mesure que le langage se développe. Elles restent fréquentes mais l'enfant commence à pouvoir mettre quelques mots sur ce qu'il ressent — surtout si on l'y aide.
Après 6 ans
Les crises intenses et fréquentes méritent plus d'attention. Elles peuvent signaler une difficulté émotionnelle plus profonde, une surcharge, ou un besoin d'accompagnement spécifique.
Ce qui aggrave les crises
- Répondre à la crise par une crise — votre système nerveux régule le sien
- Raisonner pendant la tempête — c'est inutile et souvent contre-productif
- Céder systématiquement pour avoir la paix — l'enfant apprend que la crise fonctionne
- Punir dans le feu de l'action — ça amplifie l'état émotionnel sans rien résoudre
- Un cadre incohérent — quand les règles changent selon l'humeur, l'enfant teste en permanence
Ce qui aide vraiment
Rester calme — c'est votre premier outil
Votre calme est contagieux. Pas facile — mais c'est ce qui régule le cerveau de votre enfant plus efficacement que n'importe quelle technique.
Nommer sans juger
"Je vois que tu es très en colère" — ça ne valide pas le comportement, ça reconnaît l'émotion. Et un enfant qui se sent compris crie moins longtemps.
Attendre que la tempête passe
Pendant la crise, votre enfant n'est pas accessible. Après, si — c'est là qu'on peut parler, expliquer, consolider.
Poser un cadre clair et cohérent
Un enfant dont les limites sont prévisibles et stables fait moins de crises. Pas parce qu'il est dressé — parce qu'il est sécurisé.
Le coin à colère
Un espace défini à la maison où l'enfant peut aller décharger — pas comme punition, mais comme outil. Un coussin à taper, une couverture à serrer. Un endroit pour traverser l'émotion sans se blesser ni blesser.
Et vous, dans tout ça ?
Les crises de votre enfant réveillent souvent les vôtres. C'est normal. Votre propre capacité à rester calme dépend de votre propre état émotionnel — pas de votre amour pour votre enfant. Prendre soin de vous n'est pas égoïste. C'est la condition pour pouvoir prendre soin de lui.
Deux ressources pour vous aider
La vidéo "Premiers outils parentaux" — CHF 18
Des repères concrets pour ajuster votre posture au quotidien.
→ Accéder à la vidéo
Le pack parent–enfant — CHF 180
Un accompagnement conjoint quand la situation demande de soutenir à la fois votre posture et l'espace émotionnel de votre enfant.
→ En savoir plus
Carine Grimm
Hypnotherapeute spécialisée en régulation émotionnelle